Non au AI Protect Act
Divulgâchage : Promesse du sommet pour l’action sur l’intelligence artificielle qui s’est tenu à Paris du 6 au 11 novembre, l’Union Européenne s’apprête à voter l’AI Protect Act pour faire face à la crise de l’IA
Depuis quelques années, on constate que le secteur de l’AI générative peine à trouver son modèle économique. Malgré des investissement conséquents, perd chaque année un peu plus d’argent. En cause, l’efficacité des humains qui concurrencent les modèles d’AI. Derrière le voile optimiste de la communication, les experts du domaines avouent, en off, que la crise est là et les emplois du secteur son menacés.
Pour éviter la catastrophe, l’AI Protect Act propose un ensemble de mesures systémiques et de réorientation de synergies en attaquant le problème à sa source : les humains qui consultent des contenus générés par d’autres humains.
Agence pour l’Intelligence Artificielle
Initialement voulu comme une interdiction ferme de publication des
contenu générés sans assistance artificielle (terme remplaçant
humain
dans le règlement) le projet a été dénoncé initialement
par le Parti Pirate car portant atteinte, selon-eux, au droit
fondamental de la liberté d’expression.
Malgré le soutiens des Verts au parlement qui s’opposent à toute tentative d’artificialisation au nom de la sauvegarde de la biodiversité, c’est finalement les républicains qui ont apporté la solution au blocage institutionnel en proposant une redevance dont une partie serait investie dans la recherche en datacenter durables.
Le projet actuel, qui devrait être voté sans grand changement d’après des sources proches du dossier, propose la création d’une nouvelle agence européenne pour l’Intelligence Artificielle. Ayant pouvoir d’enquête et de décisions administratives, elle aura, à termes, la charge de la collecte et la redistribution des redevances. En attendant sa création définitive, la collecte sera d’abord organisée et gérée par des agences nationales; l’ARCOM pour la France.
Le texte prévoit que la redevance soit due et répartie entre les producteurs et les consommateurs des contenus générés sans assistance. La répartition sera fixée par décret fixé par l’agence (et individuellement par les agences nationales en attendant) et des amendes dissuasives sont prévues pour les humains se faisant passer pour des IA.
L’ARCOM a déjà annoncé la création du label French Ai
Generated
à destination des entreprises génératrices de contenus
(agence de publicité, maisons d’édition, presse). Après un audit
indépendant et l’étude du dossier par l’agence, ces entreprises
bénéficierons d’un régime de déclarations simplifiées et leur
inscription dans un annuaire national permettant aux citoyens de trouver
facilement les sources d’informations assistées.
Les réseaux sociaux
Les géants du secteur ont annoncé leur volonté de respecter cette nouvelle réglementation et travailler à des nouvelles fonctionnalités innovantes pour leurs utilisateurs.
Linkedin a déjà annoncé que ses utilisateurs humains avec un compte standard ne verront et ne seront vu que par des IA et autres robots et, pour les nostalgiques, la création d’un abonnement Premium Authentic qui ne disposera pas de cette limitation.
Suite à la fusion de xAI et X (anciennement twitter), Elon Musk a
annoncé que tous les contenus publiés par les abonnés gratuits seront
maintenant reformulés par IA générative afin de s’exonérer de
l’impérialisme européen woke
. Les abonnés premium pourrons, eux,
choisir entre plusieurs reformulations.
Diamétralement opposé, Mark Zuckerberg considère que l’IA a vocation à assister les utilisateurs dans leur quotidien en remplaçant le mur des publications de vos amis par une revue de synthèse de l’actualité du réseau, assisté par IA, tenant compte de vos préférences.
En off, un cadre de méta témoigne anonymement : il n’y a de toutes
façon plus de contenus humain depuis longtemps
.
Hébergeurs indépendants
Tout l’indieweb s’est insurgé contre cette mesure prise
par des bureaucrates bruxellois en dépit de l’avis des experts
techniques
. On sait combien déterminer la part d’humains dans les
statistiques d’affluence sur leurs site est compliqué, l’enjeu est de
taille car elle servira d’assiette à la redevance dont ils devront
s’acquitter dorénavant.
De leur côté, Cloudflare et Google ont annoncé avec enthousiasme la modification de leurs captcha respectifs pour correspondre au nouveau contexte. En effet, il est de plus en plus difficile de trouver des tâches faisables uniquement par des humains car les IA sont de plus en plus performantes à se faire passer pour des humains.
Les deux entreprises devraient donc proposer sous peu un nouveau captcha inversé permettant d’identifier les robots en demandant la résolution de problème trop difficiles pour les humains (e.g. trouver Charlie).
Cette course à l’armement entre les détecteurs et les humains promet d’être passionnante car un hacker moldave ayant eu accès à ces captchas propose un module Firefox qui les détecte et utilise une IA pour les résoudre. Les experts que nous avons consultés font le parallèle avec le contrôle de l’âge devant les sites pornographiques et prédisent que ces solutions techniques ne peuvent pas fonctionner chez les hébergeurs.
Fournisseurs d’accès
Volet complémentaire dans la collecte de la redevance, les FAIs devraient être mis à contribution et sont d’un avis partagés. Certains hurlent à l’atteinte à la neutralité du Net (qui a bon dos), d’autres y voient une occasion d’innovations au service de leurs abonnés.
D’après nos sources, Bouygues et SFR devraient intégrer une journalisation des contenus consultés leur permettant une facturation détaillée en fin de mois. Free étudie les possibilités d’un forfait tout compris.
De son côté, Orange, en partenariat avec l’ARCOM, proposera une mise à jour de son outil de filtrage labellisé Hadopi disponible depuis 2009 pour intégrer une liste blanche des sites labellisés French AI Generated et ainsi proposer à ses abonnés une navigation en toute sécurité.
Au delà des fournisseurs, c’est tout le secteur de la tech qui est en ébullition et nous avons eu vent d’un projet conjoint entre Microsoft et le ministère de la culture pour proposer, nativement dans Windows 11 et Edge, une fonctionnalité similaire de filtrage permettant une exonération de taxe pour les citoyens.
Une pétition en ligne
Même si le texte ne devrait pas être remanié en profondeur d’ici son vote au parlement, les forces réactionnaires du web continuent d’espérer pouvoir inverser la tendance. La Quadrature du Net et Framasoft ont lancé une pétition demandant le retrait pur et simple du projet.